Après 10 ans d’études dans des domaines variés (Sciences Po, ESSEC, Ecole d’Avocats), et des expériences pro dans différents types d’organisations, j’ai quitté mon CDI chez EDF pour fonder le cabinet ProSense. Pourquoi ? Pour contribuer à temps plein à accélérer la nécessaire transition écologique et solidaire. Comment ? En aidant à mieux prendre en compte la « dimension humaine et organisationnelle » dans la transition. Pour améliorer mon impact, je me forme en continu en parallèle de mes activités professionnelles. Après une formation de coaching, j’ai poursuivi un cursus en psychologie sociale. C’est notamment dans ce cadre que j’ai rédigé un mémoire sur la meilleure appréhension de l’éco-anxiété dans les organisations. Pour contribuer à ma raison d’être professionnelle, outre m’engager au sein de la Fresque du Climat, j’ai également co-créé la Fresque des Nouveaux Récits. Elle vise notamment à mieux prendre en compte le « facteur humain » dans la transition.
Je pense qu’il est nécessaire de contribuer à travers nos ateliers à changer la représentation sociale de la transition. Ainsi, j’ai la conviction que pour une majorité de personnes aujourd’hui, ce que nous devons faire collectivement pour faire face aux nombreux enjeux écologiques et sociaux équivaut à une « grande privation ». Or, comme il y a un biais cognitif d’aversion à la perte chez l’être humain, il est nécessaire de faire évoluer cette représentation sociale pour accélérer la transition. Pour ce faire, je m’efforce de réunir certains ingrédients dans la 3ème partie de l’atelier, notamment le partage de cette citation de Jason Hickel : « Heureuse coïncidence que ce que nous devons faire pour survivre est aussi ce que nous devrions faire pour être heureux ». À ce moment-là de l’atelier, je ressens souvent un déclic chez les participant·es. C’est comme si ça leur permettait de sortir du faux dilemme « soit je suis heureux et je flingue la planète, soit je suis malheureux et je préserve la planète ». Autrement dit, prendre en compte cette dimension psychologique permet de maximiser les chances qu’une « rupture biographique » puisse se produire chez eux. Si ce n’est pas le cas, il est probable qu’ils sortiront « plombés » de l’atelier et qu’ils reprendront le cours de leur vie en continuant à « regarder ailleurs ».
En paraphrasant Jacques Chirac, si « notre maison brûle et nous regardons ailleurs », ce n’est pas juste en raison d’un manque de connaissance sur les causes et conséquences de cet « incendie ». J’aime rappeler lors de mes formations à l’animation de la Fresque du Climat que mon intention, lorsque j’anime des ateliers, c’est de réunir les ingrédients en 3ème partie pour éviter que les participant·es ne finissent en ayant l’impression qu’ils sont impuissant·es et que « c’est foutu ». Schématiquement, une personne en dépression se caractérise notamment par les « lunettes » aux travers desquelles elle regarde le monde : elle a l’impression d’être impuissante et que son avenir est sombre. Or, comme nous ne sommes pas faits pour être en dépression, nous avons des mécanismes de défense, par nature inconscients, tel que le déni, qui peuvent se mettre en place en fin d’atelier Fresque du Climat pour préserver notre santé mentale si nous nous trouvons dans cette situation.
À titre personnel, je termine toujours mes ateliers en demandant, après le « clap de fin », aux participant·es de résumer leur état d’esprit en 1 mot. Normalement, si j’ai réussi à les faire « voyager dans le monde d’après » pendant la 3ème partie, ils partagent des mots comme « espoir », « mise en mouvement », « boosté », etc. C’est une manière pour moi de m’assurer que j’ai contribué à changer leur rapport à la transition.
Autrement dit, cela me permet de savoir si j’ai contribué à cultiver chez eux une attitude « d’optimistes actifs » qui permet la mise en place d’une « boucle de rétroaction positive »: plus j’agis, plus je suis optimiste et plus je suis optimiste et plus j’agis.
Je pense qu’aujourd’hui deux chemins s’offrent à la Fresque du Climat : soit nous restons dans le paradigme « vulgarisation de connaissances complexes » et le déploiement connaîtra un plafond de verre généré par un bouche à oreille qui passe de positif à négatif lorsque les publics déjà sensibilisé ont été fresqué·es. L’augmentation du nombre de fresqué·es passera alors par la diffusion de l’atelier auprès de personnes déjà sensibilisées dans d’autres pays. Soit notre communauté apprenante réussit, grâce au « swarmwise », à évoluer vers le paradigme « augmentation du pouvoir d’agir et espérance en mouvement ». Et là, la Fresque pourra progressivement se déployer même auprès des publics les plus réfractaires à ces enjeux.
Tu souhaites approfondir ces sujets ? Benoît a fait une Fresqu’onférence « Psychologie : Mieux en tenir compte pour augmenter l’impact des ateliers de sensibilisation et accélérer leurs déploiements » qu’on t’invite à regarder ici et a également participé à un épisode du podcast CLAP. C’est par ici pour le découvrir.
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We are still the same! We just changed our name ;)